Les chemins de Saint-Jacques : le trésor caché du Cambrésis

Le Clarysien Régis Quennesson est de retour. Le pèlerin de Compostelle, qui l’an dernier avait rallié Clary et Saint-Jacques pour promouvoir le don de soi, se lance dans un nouveau projet. Peut-être pas aussi ambitieux… quoique. Une association est en gestation. Sa vocation : valoriser un patrimoine en friche, les chemins de Saint-Jacques dans le Cambrésis.
C’est méconnu, et pourtant « de mai à octobre, il y a au moins un ou deux voyageurs par jour qui traversent les chemins de Saint-Jacques dans le Cambrésis », estime Régis Quennesson. Ils viennent « à pied, à vélo et même en âne, essentiellement de Belgique, de Hollande voire de Norvège », relève l’ancien marcheur. Des gens motivés par la foi, pour qui le chemin de Saint-Jacques de Compostelle reste un haut lieu de pèlerinage. Mais pas seulement. Le Clarysien de constater « des motivations très diverses », du marcheur épris de défi sportif à l’individu qui cherche un retour à la nature, aux choses simples, jusqu’aux démarches extrêmes, plutôt marginales, visant « la purification ».
Un constat s’est vite imposé à Régis Quennesson, au cours de sa propre aventure : « En Espagne, les indications sont partout pour guider le marcheur. Et vous savez, ces balises, c’est important, on les guette, et quand on en trouve une, ça nous rassure ». En France, par contre, le constat n’est pas le même. Dans son périple, il dut attendre sa 27e étape pour découvrir, du côté de Saint-Germain-l’Espinasse (Loire), un premier panneau avec le symbole, la coquille Saint-Jacques. Dans le Cambrésis, c’est clair : « rien n’est organisé », assure le Clarysien. Pour suivre l’itinéraire historique (lire ci-dessous), mieux vaut donc être très bien renseigné. Quant à trouver un lieu pour dormir ou se restaurer, là encore, il est prudent d’avoir réservé. Encore faut-il être sûr de sa cadence pour arriver à l’heure dite au gîte et au couvert… C’est en pensant à tous ces voyageurs que Régis Quennesson a eu l’idée de remettre en valeur les chemins de Saint-Jacques du Cambrésis. Retrouver tous les lieux de passage. Les baliser ensuite, les jalonner d’informations pratiques, les remettre en état au besoin. D’y prévoir aussi un lieu d’accueil, à Honnecourt-sur-Escaut par exemple, où un contact est bien avancé sur le sujet avec le maire Francis Piton.
Au-delà de l’accueil dû aux voyageurs, le Clarysien a entrevu le vaste potentiel de son projet : la valorisation du patrimoine historique et naturel du territoire. Qui peut intéresser tout randonneur, les scolaires et autres passionnés d’histoire. Autant dire que pour les futurs membres de l’association, les chemins de Saint-Jacques constituent, à ce jour, une belle mine à exploiter.
PAR CÉCILE THIÉBAUT